La Revue de Gatineau

Bervil en spectacle au Dépanneur Sylvestre

Les «historiens-musiciens» fêtent les 30 ans de leur duo!

par Patrick Voyer
Article mis en ligne le 8 janvier 2007 à 19:25
Les «historiens-musiciens» fêtent les 30 ans de leur duo!
Chantal Berniquez et Luc Villemaire sont deux régionalistes qui ont formé le duo Bervil en 1977 pendant leurs études à Montréal. C'est en sortant de leur Hull natal qu'ils ont eu le sentiment que la région était plus riche en histoire et en capital humain qu'ils ne le pensaient.
La principale qualité du matériel de Bervil est qu'il est 100% régional, donc près des gens. Les notes sont extrêmement variées et sont ajustées bien évidemment à l'esprit de la chanson. Le jazz côtoie le traditionnel et les balades! Ils proposeront samedi soir à 20h au Dépanneur Sylvestre un autre fruit de cette longue et riche collaboration qui les unit. Leurs guitares, piano et flûtes seront accompagnés de François Villemaire à la basse et de Pierre Bisson aux percussions.

La musique de Bervil est rassembleuse, à l'image de ses lignes. Ils le disent eux-mêmes: c'est de la chanson à texte. «On fait plusieurs chansons sur l'histoire de l'Outaouais, affirme Chantal, qui a justement étudié en histoire. On fait le lien avec ce qui s'est passé». «En fouillant dans l'histoire, on a fait des découvertes et on voulait les partager», ajoute Luc, qui a une formation en sciences politiques. Engagés, attachés à leur héritage et leur pelouse, les deux ressassent des événements qui ont marqué le tissu social.

Luc Villemaire en énumère quelques-uns: un jugement de 1953 qui mettait en lumière des agissements des gangs du Petit Chicago et le Projet Lambert (début des années 50). «Il y avait une crise du logement et on tolérait que des sans-abri se construisent des abris. Alors on raconte par les yeux d'un enfant qui voit tous ces gens passer. Ce sont des fils conducteurs de notre histoire qui tombent souvent dans l'oubli», souligne l'auteur-compositeur-interprète. Citons entre autres trésors la pièce Asticou: «Une chanson fondamentale qui trace en quelques strophes l'histoire de l'Outaouais…», lance Luc Villemaire.

Chantal et Luc sont très sensibles à la cause des artistes et des gens de la région en général. Luc souhaite que le talent local soit davantage encouragé et que les lieux de diffusion soient ouverts à du contenu d'ici, pas simplement aux événements payants de l'extérieur! «Une salle comme La Basoche ou celle de la Maison du citoyen (Jean-Despréz) pourrait être à notre portée, car nous pourrions partager avec les gens. C'est notre principal défi: offrir à la population à la hauteur de ce qu'on peut faire», tranche Luc.

Luc pense même que le duo pourrait «servir» d'ambassadeur pour l'Outaouais, de par son caractère archi régional et sa passion. Luc rappelle que la Côte-Nord était sur le point de sombrer dans le néant collectif avant que Vigneault ne chante ses mérites! «C'est pour ça que quand t'as la piqûre, tu ne lâches jamais. Y'en a qui tricotent, nous on chante», plaide Chantal Berniquez.

«Il faut y croire ou fermer les livres du patrimoine, croit Luc. Si on suit la logique du marché, on va oublier notre histoire et tôt ou tard, on va se tirer dans le pied et on va devenir une société incohérente!» Pour éviter ce débordement qui, avouons-le, a déjà commencé, Bervil souhaite que la chanson soit un bien collectif.

 

Ne manquez pas Bervil en spectacle, samedi à 20h, au Dépanneur Sylvestre (9, rue Fortier). Billets: 819 771-3723.