Jos Montferrand en 1850
Jos Montferrand

© Bervil 2008

Cette chanson est inspirée de la biographie et des notes personnelles accumulées au fil des années.

Attablés à l'auberge du Faubourg St-Laurent
Les bûcherons les draveurs y prenaient du bon temps
Avant de remonter en Outaouais pour le bois
Les bûcherons les draveurs racontaient leurs exploits (bis)

C'était l'époque où sur la rivière des Outaouais
Des grands radeaux de bois suivaient l'eau courante
Des forêts entières vers Québec descendaient
De mil huit cent six à mil huit cent soixante

Soudain trois cageux vinrent à se disputer
Sur le plus grand d'entre eux, sur le roi des boulés
Le géant des rivières, agile et puissant
Qui faisait leur fierté, c'était Jos Montferrand (bis)

Combien d'empreintes a-t-il laissées avec son talon?
En sautant d'un coup de savate au plafond
Et combien de Shiners dans la Chaudière firent le plongeon?
Pour l'avoir affronté à Hull sur le Pont Union

Pendant que les cageux relançaient leurs mémoires
Joseph Favre écoutait sans broncher leurs histoires
Tout au fond de la salle de l'auberge St-Laurent
Comme à son habitude depuis deux ou trois ans (bis)

Mais ce jour là le vieux Favre paraît insulté
Il s'adresse à tous ces hommes rassemblés
« C'est pas comme ça que les choses se sont passées
Moi je vais vous dire ce qui est vraiment arrivé »

Les draveurs, étonnés, éclatèrent d'un grand rire
« Qu'est-ce qu'un p'tit vieux comme toi sait des coureurs des bois? »
Le vieil homme lentement se redresse et s'étire
Et c'est Jos Montferrand qui apparaît aux gars (bis)

Ma jeunesse et ma force m'ont mené aux chantiers
Et ma mère m'a appris à lire et à compter
Par ma taille et ma tête je savais diriger
C'est pour ça que les patrons ont voulu m'engager (bis)

« Tu conduiras tous les hommes que tu peux trouver
Pour fendre du bois du réveil au coucher »
C'est par centaines que je les ai recrutés
Pour monter avec eux, au cœur des vallées

Rendus aux chantiers de la Haute Gatineau
Au royaume du bocksaw, de la hache et des campements
Les gars s'attaquaient à des tonnes de billots
Et vivaient entassés de l'automne au printemps (bis)

Avec le dégel, des bûcherons devenaient draveurs
Pour dompter la rivière qui transportait leur labeur
Il fallait du courage, savoir affronter sa peur
Pour casser les embâcles et s'en sortir vainqueur

Sur le chemin, il fallut parfois se battre
Pour défendre les gars, leurs gages et leur honneur
Je ne craignais rien du haut de mes six pieds quatre
Contre les anglais, les bandits et les Shiners (bis)

Mais le courage, je suis pas le seul à l'incarner
Ce sont tous les gars qui montent aux chantiers
Qui construisent ce pays si vaste à développer
Pour une paie de misère difficile à gagner

Lorsqu'on entend la légende qu'on raconte
Elle porte le fruit de votre entêtement
Ces prouesses, ces combats, c'est pas ça qui compte
Le vrai héros c'est vous, vous êtes tous Jos Montferrand

Le vrai héros c'est vous, vous êtes tous Jos Montferrand